Isabelle VOURIOT

  ___________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

NAYEMONT LES FOSSES

Entretien avec Isabelle VOURIOT

De l'infirmière à l'écrivaine

_____________________________________________________________________________________________________________

Isabelle

 

____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Michaël Blauwart : quand avez-vous commencé à écrire ?
Isabelle Vouriot : dès l’adolescence. C’était en classe de français où j’ai osé pour la première fois montrer mon texte à l’ensemble de la classe.  Mon professeur de français de l’époque nous avait demandé de choisir et d’apprendre puis de lire un poème à la classe. Je n’étais franchement pas inspirée, alors, j’y étais au culot. J’ai récité à la classe un poème que j’avais écrit, m’abritant derrière un pseudonyme. Je me souviens, le professeur de français me disait «C’est curieux, je ne connais pas cet auteur là.» Je lui répondais que je l’avais trouvé dans un vieux livre chez ma cousine. Mais bon, j’ai vu qu’il n’était pas dupe.

MB : débuter si jeune, vous devez donc avoir des milliers de poésies ?
IV : Non pas des milliers car après pris par les études, il y a eu un gros blanc et je n’ai pas éprouvé à ce moment là le besoin d’écrire. Il y a eu la construction professionnelle puis la construction de famille. Les années ont passé et l’écriture m’a repris après mes 40 ans.

MB : c’est donc tout récent ?
IV : oui, effectivement. Lorsque j’ai édité mon premier recueil, j’avais derrière moi, 6 mois d’écriture.

MB : et quel est l’évènement qui vous a amené à reprendre la plume ?
IV : j’avoue que je ne pourrai pas vous le dire. 

MB : peut-être une émotion, un sentiment ?
IV : plutôt dans les émotions. J’ai eu besoin à nouveau de poser des mots sur le papier. Puis, il y a eu les rencontres avec qui j’ai pu parler poésie et qui ont lu ce que j’écrivais puisque mon mari n’est pas du tout poésie. En fait, par mon métier d’infirmière, j’étais centrée sur de nombreuses lectures médicales en passant des revues au roman. Puis, il y a eu la rencontre d’une personne qui lui aussi est dans le médical, il m’a ouvert sur de nombreuses choses. Il m’a ouvert à la littérature, à la musique. Et tout ce qui était enfermé au fond de moi, s’est complètement liberé. Et aujourd’hui, il y a mon travail auquel je me dévoue totalement et quand je sors, il y a l’écriture. Cette rencontre a été vraiment un changement : il m’a écrit, je lui ai écrit des choses. Après pour tâter le terrain, je me suis mis sur Facebook. Même si mes amis disent que c’est bien ce que j’écris. J’avais besoin d’avoir d’autres avis. Puis, j’ai rencontré une autre personne, Pierre-Jean Baranger, un merveilleux poète qui m’a lui aussi ouvert sur d’autres horizons et qui m’a mis en confiance. Effectivement, j’avais des choses à dire et à montrer.

MB : vous êtes infirmière avec un emploi du temps, souvent difficile, quelle est pour vous la meilleure heure pour écrire ?
IV : En fait, je n’en ai pas. Les idées sont là, murissent dans la tête, toute la journée, toute la nuit. Et arrive le moment où je dois prendre l’ordinateur pour y mettre les mots et lorsque je n’ai pas l’ordinateur, j’applique la méthode ancienne avec une feuille de papier et un stylo.

MB : Même si vous faites bien la différence entre hôpital et écriture, vous arrive-t-il tout de même d’écrire une idée, quelques notes lorsque vous travaillez ?
IV : J’y pense oui. Je peux prendre le stylo lorsque j’ai une pause, bien sur. Quelque part, ça cogite en arrière plan, j’y pense jusqu’à ce que je parvienne à libérer mes idées sur le papier. Peut-être que cette partie se passe plus vers le matin.

MB : vous exercez un métier noble et difficile, l’écriture est-elle pour vous un moyen d’exprimer vos émotions, vos sentiments, un moyen aussi d’échapper à un quotidien ?
IV : Bien sur, ça y contribue. Quand j’écris sur des textes complètement différents parfois délirant, je m’évade, c’est certain. Je pars complètement dans autre chose.

MB : vous sentez-vous plus infirmière ou plus écrivain ?
IV : je pense : 50-50 en sachant que j’aimerais bien réduire mon temps de travail pour pouvoir me consacrer plus à l’écriture. Mais les deux font partie de moi.

MB : combien de temps vous faut-il pour écrire une poésie ?
IV : une fois que les idées sont éclairices, je peux écrire un texte en 5 minutes. Mais cela m’arrive de m’y consacrer 4 heures. Je repense justement à un qui a été assez éprouvant puisque j’ai fini en larmes. En fait c’est ma façon d’écrire, un jeu où je me plonge complètement dans le personnage. J’écrivais sur la mort d’un enfant. Et quelque part, je devais me projeter dans la mort d’un de mes enfants. C’est le plus difficile poème que j’ai écrit.

MB : Après la poésie et la nouvelle, comptez-vous écrire un roman ?
IV : J’ai commencé sur l’invitation de Pierre-Jean mais il m’a dit que je passais trop vite à la conclusion. Alors j’ai reécrit un chapitre. Il a lu, m’a dit «C’est bien, maintenant, j’attends la chapitre 2». Je me suis laissé prendre par l’histoire sur un sujet qui était plus ou moins réel, je suis maintenant sur une histoire complètement fictive. Et j’avoue que je prends plaisir à retrouver mes personnages. Mais pour le roman, j’aimerais avoir plus de temps. Si la poésie peut être plus rapide, pour le roman, il faut quand même avoir le temps de se poser.

MB : je suppose que le roman vit en vous et est-ce que c’est un film que vous voyez défiler dans votre esprit sans en connaître la fin ?
IV : Non, je ne connais pas la fin. Je sais par contre ce qui ne va pas se passer mais la fin, je ne sais pas comment, je vais y arriver. Le matin, j’ai besoin de retrouver Gabrielle, l’héroïne de mon roman.

MB : quelles sont vos inspirations premières ? On voit qu’il y a dans vos écrits beaucoup de sensibilité mais est-ce que vous pourriez écrire un roman policier ?
IV : J’ai écrit une nouvelle qui a finalement bien marché. Je me suis surprise moi-même. Le policier n’est pas ma lecture première. J’en lis de temps en temps mais j’aime aussi le fantastique.

MB : avez-vous des écrivains qui vous inspirent plus particulièrement ?
IV : J’aime beaucoup Harlan Coben, Bernard Werber, Luc Emmanuel Schmitt, Umberto Eco, Carloz Ruiz Zafon et Pierre-Jean Baranger, bien sur.

MB : vous êtes devenue infirmière par vocation mais n’auriez-vous pas voulu exercer un métier en rapport avec l’écriture ?
IV : Infirmière, c’est vraiment ce que je voulais faire depuis toute petite. Je ne me suis jamais posée la question. A 33 ans, j’ai donné ma démission, et j’ai fait une année d’IUFM pour être professeur des écoles. Mais je n’ai pas été admissible. C’était une belle expérience mais je suis repartie dans ma vocation première.

MB : Vous arrive-t-il d’avoir le syndrome de la page blanche ?
IV : Ca m’est arrivée. Ca m’a même angoissée. Pierre-Jean m’a dit de laisser et de reprendre plus tard. C’est ce que j’ai fait. Et ouf ! C’est revenu. 

MB : qu’aimeriez-vous voir écrit sur votre épitaphe ?
IV : que les gens continuent à s’aimer et à se respecter. Il y en a un peu marre de cette violence, de ces guerres.

MB : y’a t-il un sujet que vous ne pourriez pas traiter ?
IV : Sur la guerre, c’est certain. J’ai du mal déjà à regarder ce sujet à la télé et même lire des livres... Non, je ne peux pas, ça m’angoisse vraiment.

MB : là nous venons d’assister à un évènement historique avec les obsèques de Nelson Mandela ? Cet homme exceptionnel, vous donne-t-il envie d’écrire sur lui pour l’humanisme qu’il représentait ?
IV : de nombreuses personnes ont écrit sur lui. J’ai juste écrit 4 lignes sur cet homme admirable et qui résume bien ce qu’il était.
 ____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site